Au plan national, le secteur d’activités du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) est le plus grand générateur de mouvement d’entreprises. Entre juin 2009 et juin 2017, il a représenté, en moyenne, près de 25 % des nouvelles immatriculations et 22,4 % des disparitions (cessations et liquidations confondues). Dans ce contexte, depuis 2009, l’Indice de Dynamisme Economique (IDE)* est resté largement positif dans le BTP où il se crée toujours plus d’entreprises qu’il n’en disparaît.

De plus, l’IDE du BTP a toujours été largement supérieur à celui de la France métropolitaine. Ainsi, pour la période la plus récente étudiée (à fin juin 2017 sur 12 mois glissants), il s’est créé 1,74 entreprise pour une disparition dans le BTP, contre 1,40 sur l’ensemble du territoire.

Ce bon indice est cependant le fruit de deux phases distinctes :

Première phase jusqu’en juin 2014. C’est essentiellement le niveau élevé des créations qui a soutenu le secteur quand, dans le même temps, le nombre de disparitions continuait de progresser sous l’effet d’une conjoncture difficile héritée largement des années de crise (depuis 2008).

Seconde phase depuis 2015. L’IDE s’améliore encore mais avec un recul persistant des disparitions d’entreprise. Ce dernier s’inscrit dans un meilleur contexte économique national et sectoriel (BTP), entraînant une meilleure résilience des entreprises et une baisse des liquidations judiciaires ; même si la réalité est plus nuancée que cela.

Formes juridiques des entreprises, une spécificité sectorielle

En France et tous secteurs confondus, les nouveaux entrants sont principalement répartis sur deux grandes familles juridiques. Tout d’abord, les Entreprises Individuelles (professions libérales, artisans et commerçants) qui représentent en moyenne 54,5 % des immatriculations entre 2009 et 2017. Sur la période, cette catégorie a connu une croissance avec le statut fiscal de l’autoentrepreneur. Ce dernier voit cependant son importance reculer depuis 2015 sous l’effet d’évolutions fiscales et réglementaires plus contraignantes. A fin juin 2017 sur 12 mois, l’Entreprise Individuelle, représentait encore 51, 5 % des créations.

Viennent ensuite les Sociétés commerciales, dont le poids dans les créations a été plus régulier, avec une moyenne de 27,7 % entre 2009 et 2017, et dont la part remonte depuis 2015 pour atteindre 30,3 % des immatriculations à fin juin 2017.

Dans le BTP, le sous-secteur de l’Immobilier influe nettement sur les mouvements d’entreprises. En moyenne, les Entreprises individuelles y représentent 32,3 % des créations et les Sociétés commerciales 24,3 %. A leurs côtés, apparaissent de manière prépondérante (41,2 % des immatriculations) d’autres personnes morales immatriculées au RCS, en l’occurrence les Sociétés Civiles qu’elles soient en support juridique de promotion ou de location immobilière. L’évolution de ces formes juridiques spécifiques est à mettre en corrélation avec l’évolution du cadre législatif.  Ainsi, de fortes évolutions sont notées en 2010-2011 (effets de la loi Scellier), puis en 2016-2017 (effet des lois Censi Bouvard et Pinel).

Une sinistralité toujours importante

En France, le recul des disparitions d’entreprise dans le BTP est amorcé depuis 2015 et semble s’accélérer sur la période récente (- 8,8 % à fin juin 2017 sur 12 mois glissants). Cette tendance s’inscrit dans une amélioration du climat des affaires ressentie depuis plusieurs mois par les professionnels, en particulier dans les mises en chantiers de logements neufs.

Cette embellie ne profite cependant guère aux plus petites structures : les Entreprises Individuelles payant le plus gros tribut avec 56,1 % des disparitions. Il faut très probablement y voir l’effet des radiations de nombreux autoentrepreneurs créés dans ce secteur depuis 2006, à savoir ceux qui n’ont pas dégagé d’activité et que l’INSEE radie d’office, ceux qui ont repris une activité salariée grâce à un meilleur contexte d’embauche et enfin ceux qui ont opté pour une autre forme juridique du fait du développement de leur activité. Par ailleurs, les disparitions d’entreprise intègrent les cessations volontaires d’activité et les liquidations judiciaires prononcées suite à un dépôt de bilan. Cette dernière composante rapportée à l’ensemble des disparitions permet de calculer un taux de sinistralité. Ce taux demeure particulièrement élevé dans le BTP.

En France métropolitaine, tous secteurs confondus, le taux moyen de sinistralité entre juin 2009 et juin 2017 est de 12,1 %. Dans le même temps, celui du BTP est de 17,4 %. Même s’il est orienté à la baisse, ce taux se fixe à 15,1 % à fin juin 2017 contre 10,7 % pour la France métropolitaine. Les Sociétés Commerciales présentent le taux de sinistralité le plus important. A fin juin 2017, 34 % des disparitions sur ces formes juridiques étaient dues à des liquidations.

* L’Indice de Dynamisme Economique (IDE) d’Ellisphere est un ratio calculé sur 12 mois glissants, entre les nombres de créations et de disparitions (cessations et liquidations judiciaires) d’entreprise.

Pour plus d’informations sur ces statistiques pole_statistiques_economiques@ellisphere.com

Share