vignette_respect_relation_commercialeLes récentes évolutions législatives témoignent de l’enjeu des retards de paiement sur la viabilité des entreprises et pourtant, les dispositions prévues sont encore trop peu utilisées par peur de compromettre la relation commerciale.

Trésorerie tendue, recours au financement bancaire limité, quand les retards de paiement n’entraînent pas la défaillance d’une entreprise sur quatre, ils freinent l’emploi, l’innovation et la croissance.

Cette année, 41% des répondants à l’enquête European Payment Report, conduite par Intrum Jusititia, déclarent que les retards de paiement sont à l’origine d’un manque de liquidités et 46% enregistrent une perte de revenus ou des frais d’intérêts supplémentaires (32%).

Alors que ces délais pèsent sur leur trésorerie, les entreprises françaises attendent en moyenne 86 jours avant d’agir. Par crainte de nuire à la relation commerciale, elles n’utilisent pas les nouvelles dispositions législatives. En effet, 56% déclarent ne pas appliquer l’indemnité forfaitaire de 40€ prévue par la directive européenne pourtant connue par plus de la moitié d’entre elles (60%).

Les PME sont d’autant plus fragilisées qu’elles prennent moins de mesures de protection et ne disposent pas de la même capacité de financement que les grandes entreprises : près d’un tiers (28%) ne recourt pas aux garanties bancaires, à l’assurance-crédit, à l’affacturage ou au recouvrement de créances (contre 9% des grandes entreprises).

En France, la plupart des PME (71%) consentent à allonger leurs délais de paiement et dans l’écrasante majorité des cas, c’est en faveur d’une autre PME (93%).

En réponse aux tensions de trésorerie, le retard de paiement finit par intégrer les processus comptables des entreprises. Juste après les difficultés financières rencontrées par leurs clients (75%), le retard intentionnel est mis en cause par 62% des répondants.

Encore sous utilisés, les recours prévus par la loi relative à la consommation sont en passe d’être renforcés. Jugeant la situation préoccupante, le législateur prévoit de relever le montant des amendes à 2 millions d’euros contre 375 000€ aujourd’hui, et d’étendre la publication des sanctions à toutes les entreprises. Pour celles dont les résultats sont certifiés par un commissaire aux comptes, des retards excessifs compromettront l’approbation de leurs comptes. Se voulant dissuasives, ces mesures sont de nature à inciter les retardataires à respecter leurs obligations.

Toutefois, au-delà de l’arsenal législatif, les entreprises doivent prendre en considération la nécessité de réclamer leur dû et d’utiliser les moyens dont elles disposent pour anticiper les retards de paiement.

Mesurer la solvabilité de son client et s’assurer de sa satisfaction en continu permettent d’anticiper les risques commerciaux et financiers en prenant les décisions appropriées.

Des solutions existent pour gagner en crédibilité tout en plaçant la relation client au cœur des enjeux.

Dans l’intérêt de tous, des paiements plus rapides sont à la source d’une reprise encore fragile qui ne demande qu’à renouer avec la création d’emplois.

Le respect de la relation commerciale en est le moteur.

Laurence Faguer
Marketing et communication, Intrum Justitia

Informations sur l’étude European Payment Report
Les études du groupe Intrum Justitia mettent en avant les impacts des retards de paiement sur l’économie à travers l’analyse des comportements de paiements. L’édition 2016 de l’European Payment Report a été réalisée sur la base d’un vaste sondage effectué simultanément dans 29 pays européens entre février et avril 2016. 9 440 entreprises se sont exprimées sur le risque client et ses conséquences immédiates sur leur croissance, la création d’emploi et leur capacité à investir.

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