Trois questions à Max Jammot
Responsable des études économiques chez Ellisphere

Quelle est la situation des défaillances d’entreprises en France, et plus précisément du secteur Transports et logistique ?

Le nombre de défaillances (redressement ou liquidation judiciaire) enregistré dans l’Hexagone, tous secteurs confondus, entre janvier et décembre 2016, est de 57 441 entreprises, soit une baisse de 7,1% par rapport à la même période en 2015 (61 879 défaillances). En 2016, les défaillances menacent 173 757 emplois contre 183 223 en 2015 (-5,1%).

Dans ce contexte national, 1 728 défaillances ont été enregistrées dans le secteur Transports & logistique, soit une augmentation de 2,2 % par rapport à 2015 (1 691 défaillances).  Toutefois, la profession demeure une activité majeure de l’économie française en salariant plus d’un million et demi de personnes en France. Pour 2017, les perspectives d’activités semblent orientées favorablement – Différentes raisons possibles comme le développement du commerce en ligne qui impacte favorablement les activités de logistique. Néanmoins, des incertitudes persistent. Le dynamisme du secteur demeure en effet étroitement lié à la conjoncture des principaux marchés clients, Bâtiment & Travaux publics en tête, ou encore l’Agroalimentaire.

Quel est plus précisément le bilan des défaillances d’entreprises des activités du secteur Transports et logistique ?

Dans le détail, l’activité Transports routiers de fret de proximité enregistre à elle seule 44,7 % des entreprises défaillantes du secteur (772). Viennent ensuite les Transports routiers de fret interurbains avec 19,6 % de structures défaillantes (336). Puis, avec 13,7 % des défaillances (237), l’activité Transports de voyageurs par taxis se positionne 3ème. Ces trois activités affichent respectivement des évolutions de – 4,9 %, + 1,8 % et + 37,8 % des défaillances d’entreprises. D’un point de vue territorial, la région Ile-de-France a payé le plus lourd tribut en comptabilisant à elle seule 664 défaillances, soit 38,4 % des défaillances de l’entier secteur Transports & Logistique en France métropolitaine, loin devant l’Auvergne-Rhône-Alpes avec 10,8 % (186 entreprises) et le Nord-Pas-de-Calais-Picardie avec 8 % (139 entreprises). Dans un contexte de compression des marges, les transporteurs ne disposant pas d’une assise financière solide n’ont pu résister.

Comment se portent les principaux secteurs clients français du secteur Transports et logistique ?

En 2016, les secteurs d’activités de Produits agricoles et agro-alimentaires qui représentent à eux seuls près de 24% du volume d’activités des Transports et logistique, ont enregistré 2 877 défaillances (entreprises en redressement ou liquidation judicaire), soit une baisse de 0,9 % par rapport à 2015 (2 902 défaillances).

Sur la même période, les secteurs des Minerais & produits métalliques et celui des Autres produits minéraux non métalliques (verre, ciment, matériaux de construction) comptabilisent respectivement 428 et 83 entreprises défaillantes, soit – 13 % et – 41,5 % par rapport à 2015. Ces deux activités représentent chacune 22 % et 16 % du volume client des Transports et logistique.

Parmi les autres secteurs clients, les activités de Commerce de détail et de Commerce de gros apparaissent moins impactées. En effet, ces deux activités enregistrent 7 664 et 2 676 entreprises défaillantes, soit respectivement – 7,9 % et – 15,7 % par rapport à 2015.

Plus généralement, la situation du secteur Transports & logistique demeure délicate, beaucoup d’attentisme sur l’évolution des marchés, de frilosité pour les investissements, sans parler du manque chronique de visibilité sur les volumes d’affaires.

Pour plus d’informations sur ces statistiques pole_statistiques_economiques@ellisphere.com

Méthodologie

Le secteur élargi Transports & logistique comprend les Transports terrestres (codes NAF : 4910Z,4920Z, 4931Z, 4932Z, 4939A, 4939B, 4939C, 4941A, 4941B, 4941C, 4942Z, 4950Z, 5221Z, 5320Z), les Transports par eaux (5010Z, 5020Z, 5040Z, 5222Z, 7734Z), les Transports aérien & spatial (5110Z, 5121Z, 5122Z, 5223Z, 7735Z), ainsi que L’entreposage & le stockage (5210A, 5210B, 5224A, 5224A, 5224B, 5229A, 5229B).

Est considérée comme défaillante tout entreprise ayant fait l’objet d’une ouverture de procédure de redressement ou liquidation judiciaire en France métropolitaine, sur toutes formes juridiques et sur toutes activités. Une entreprise ayant connu deux événements de ce type dans les dix-huit derniers mois n’est comptabilisée qu’une fois à la date du premier événement.

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