Ellisphere vient de publier sa COP 2016 (communication sur le progrès), dans le cadre de son adhésion aux principes du Global Compact.

Rencontre avec Evelyne Misseri, en charge de la communication interne et de la RSE (responsabilité sociétale des entreprises), chez Ellisphere.

En quelques mots, que signifie et recouvre la « RSE » ? 

La RSE – Responsabilité Sociétale (ou sociale) des Entreprises – est la mise en pratique du développement durable par les entreprises. L’entreprise qui s’engage dans cette démarche va évaluer, mesurer, corriger les impacts de son activité en matière sociale, environnementale et économique, en visant au-delà du cadre légal.

C’est à la fois une nouvelle vision du rôle et de la responsabilité des entreprises dans la société, et une nouvelle grille de lecture qui leur permet de mieux répondre aux défis auxquels elles sont confrontées (climat, approvisionnement, demande de transparence…), ainsi qu’aux attentes de leurs parties prenantes.

En quoi consiste le métier de responsable RSE ?

Je ne prétends pas répondre sur LE métier mais plutôt sur ‘’notre’’ approche de la RSE. En accompagnant les entreprises dans leur politique de financement à court, moyen ou long terme (risque de crédit, investissement), Ellisphere se positionne en véritable facilitateur de croissance et de transparence. Le respect d’une éthique métier forte et un sens aigu des responsabilités sont ainsi au cœur de notre pratique et de notre démarche RSE.

Nous avons structuré cette démarche à partir de 2009, dans le cadre d’une politique de groupe (cf Natixis, ancien actionnaire d’Ellisphere). Après avoir effectué un état des lieux, nous avons défini un certain nombre d’indicateurs pour mesurer et suivre l’impact de nos activités sur les plans social, économique et environnemental. Depuis, nous mettons en œuvre les actions correctives ou de sensibilisation permettant de progresser chaque année. Il s’agit d’intégrer cette démarche à chaque niveau de l’entreprise, dans les modes de gouvernance et d’organisation, dans le quotidien de nos collaborateurs, mais aussi dans la relation de confiance que nous instaurons avec nos partenaires, clients et fournisseurs notamment.

Comment mesurez-vous l’évolution de votre performance ?

En dehors du suivi annuel de nos indicateurs ‘’maison’’ et la production régulière de rapports dans le cadre des engagements* que nous avons pris, nous faisons évaluer notre performance RSE par la plateforme de notation EcoVadis. C’est un bon moyen de se challenger et de rester dans une dynamique de progrès ! Il y a donc ponctuellement, un important travail de collecte d’informations auprès de différents services, puis d’analyse et de rédaction.

Notre dernière évaluation EcoVadis en 2017 nous place au-dessus de la moyenne des entreprises françaises à 67 points vs 48 (sur 100). Le baromètre 2017 d’EcoVadis classe la France au 4e rang mondial des pays pour leur performance RSE.

Peut-on dorénavant qualifier la RSE de tendance de fond, appelée à durer et à se développer ? 

Cela me semble évident. Depuis une quinzaine d’années, les grandes entreprises doivent publier des informations sur leurs impacts environnementaux et sociaux – un reporting extra-financier. La loi sur le devoir de vigilance adoptée cette année leur impose aussi de mettre en place des mesures de surveillance afin de prévenir les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance (corruption par exemple). En tant que fournisseurs ou sous-traitants des grandes entreprises, les PME sont également incitées à adopter une telle démarche. On le voit notamment dans les appels d’offre ou les politiques d’achats des donneurs d’ordre qui demandent de plus en plus de précisions sur les mesures prises par leurs fournisseurs, sélectionnant ainsi les plus vertueux.

Pour une entreprise, avoir une politique RSE, est-ce devenu un atout dans son business ? 

Une entreprise qui pratique une politique de RSE va chercher à avoir un impact positif sur la société, à respecter l’environnement tout en étant économiquement viable. Un équilibre qu’elle va construire avec l’aide de toutes les parties prenantes de son ecosystème, c’est-à-dire ses collaborateurs, ses clients, ses fournisseurs, ses actionnaires ou les acteurs de son territoire…

La RSE couvre donc un périmètre extrêmement large – gouvernance, droits des personnes, relations et conditions de travail, environnement, éthique des affaires, développement local, etc – où de notre point de vue, il est essentiel de ‘’faire’’ (analyser/évaluer/progresser en interne) avant de ‘’faire savoir ‘’. Cela a été le choix d’Ellisphere – et j’en suis fière – éliminant ainsi tout risque d’éco-blanchiment et s’inscrivant immédiatement dans une démarche pérenne, de transparence et de conformité.

Quelles sont les qualités à avoir dans le métier de responsable RSE ?

Ce sont pour moi les qualités déjà nécessaires au métier de communicant : écoute, curiosité, rigueur, ténacité, pédagogie, qualités indissociables d’un bon esprit d’analyse et de synthèse. Il s’agit de démontrer la cohérence entre ce que fait l’entreprise (sa raison d’être) et comment elle le fait (ses valeurs).

Au sein de l’entreprise, tous les métiers sont potentiellement concernés, car tous sont acteurs de la performance. Mais cette prise de conscience ne va toujours pas de soi… et la double casquette ‘’communication interne / RSE’’ peut ici aussi faciliter les choses. Il faut bien connaître l’entreprise, ses enjeux, l’environnement dans lequel elle évolue mais aussi celui, de plus en plus normé et exigeant, de la RSE.

* Ellisphere est signataire de la Charte de la diversité, de la Charte Développement responsable du SNCD, de la Charte relations Fournisseur responsables (CDAF et Médiateur des entreprises)…

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