Les comportements de paiement des entreprisesLa fonction de «crédit-manager», en forte augmentation au sein des grandes entreprises, est en train d’investir le monde de la PME. Dans les structures de taille moyenne, les DAF (Directeurs Administratifs et Financiers) représentent souvent une personne qui fait fonction de « cash manager » tout en optimisant le BFR (Besoin en Fond de Roulement) de l’entreprise.

Selon l’enquête AFDCC 2014 « sur les comportements de paiement des entreprises », le DSO (Days Sales Outstanding) reste l’indicateur le plus utilisé par le crédit manager, celui qui reflète l’amélioration ou non de la performance du processus transverse de la société.

La méthode la plus couramment utilisée est celle par l’épuisement (appelée aussi roll back). En comparaison à la méthode bilancielle, elle s’appuie sur des données internes, plus fines, et à l’avantage de tenir compte de la saisonnalité des ventes.

Le choix d’une méthode ou d’un « mix » de plusieurs méthodes est en effet le fruit de l’expérience de chaque entreprise. A ce titre, les SSII doivent intégrer dans leur DSO les FAE (Factures à Emettre) qui peuvent représenter dans ce secteur près de 15 jours de chiffre d’affaires.

Sur la base de la méthode roll back, l’enquête de l’AFDCC témoigne d’une augmentation des retards de paiement en 2014, notamment dans les tranches comprises entre 1 et 4 jours. Cette dégradation est la principale conséquence d’un manque de liquidité dans les entreprises. La dernière analyse du risque d’Ellisphere, établie sur les derniers bilans publiés pour la période 2013/2014, va dans le même sens et reflète une érosion de la structure financière des 1 100 000 entreprises étudiées.

En effet, en interne, la plupart des grandes entreprises et des PME ont fait le nécessaire. Elles se sont pour la plupart équipées de systèmes d’informations qui permettent de structurer l’encours clients (factures à émettre, encours non exigible, encours exigible) et d’optimiser les actions à mettre en place (contractualisation, relance préventive, négociation commerciale sur dossiers à plus d’un an, mise en place de moratoires, déclenchement de contentieux…).

Demain, le crédit-manager aura à sa disposition des outils de datamining et d’analyse prédictive qui lui permettront de déceler les clients et les activités à risque. Cela ne doit toutefois pas lui faire oublier son rôle principal : entretenir la relation client et maximiser le chiffre d’affaires, source essentielle du financement de l’entreprise.

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