vignette_transport_routier_de_voyageursUne hausse continue des défaillances depuis 2007

Depuis 2007, les défaillances dans le Transport routier de voyageurs (TRV) évoluent en dents de scie mais la tendance générale reste orientée à la hausse.
En juin 2016, avec 92 entreprises, les faillites ont quasiment triplé par rapport à fin 2007. Si la crise de 2008-2009 a eu ses effets, les difficultés du secteur ont perduré depuis ; la morosité économique et les arbitrages de dépenses des ménages y sont pour beaucoup.

 

En 2016, effets des attentats et de la loi Macron

gaphique_evolution_defaillances_trvPour la période la plus récente (fin juin 2016 sur 12 mois glissants), la hausse des défaillances, + 9,5 % par rapport à juin 2015, est imputable aux effets conjugués des mauvaises conditions climatiques et des attentats ainsi que de la loi Macron. Les deux premiers ont fait chuter la demande touristique notamment étrangère, – 7 % de touristes étrangers depuis le début 2016, et entraîné l’annulation de nombreux déplacements et manifestations pour les organisateurs de voyages et d’excursions. La loi Macron, si elle a libéralisé un peu plus le marché des cars longue distance, a accru la concurrence souvent par effet d’aubaine avec l’arrivée de nouveaux intervenants. Selon l’ARAFER*, cette nouvelle concurrence s’accompagne actuellement de taux de remplissage faibles entraînant des recettes limitées pour les opérateurs.
La libéralisation de l’activité transport de voyageurs a renforcé les leaders dont les réseaux bien structurés ont capté une part croissante du marché en se diversifiant, tout en accroissant la pression sur leurs sous-traitants.
Conséquence, les entreprises les plus fragiles ont disparu.

graphique_defaillances_en_region_trvUn portrait de l’entreprise défaillante

En juin 2016, le taux de défaillance du TRV (rapport entre nombre de faillites et population active du secteur) est supérieur à celui de l’ensemble de la France, 1 % contre 0,8 %.
A cette date, l’entreprise défaillante évolue à 73% sous le code d’activités 4339B – Autres transports routiers de voyageurs**.
Elle est principalement une entreprise commerciale (91 % dont 64 % de SARL), francilienne (52 %), salariant moins de 5 personnes (66 %), dégageant moins de 500 000 euros de chiffre d’affaires (75 %) et récente sur la place (45 % ayant moins de 5 ans d’existence). Parmi les principales défaillances relevées sur 12 mois glissants à fin juin 2016, six dépassaient le million d’euros de chiffre d’affaires.

Coût économique et social des défaillances
Si l’on note un glissement des défaillances vers des structures généralement plus petites depuis un an, en juin 2016,les entreprises défaillantes cumulaient encore un chiffre d’affaires de l’ordre de 27,3 millions d’euros (- 16,7 %).
Sur un an, l’impact pour les fournisseurs (créances) s’élevait à près de 2 millions d’euros (- 59 %) et les encours bancaires à 1,9 million d’euros (- 10,5 %). Elles présentaient également 4,4 millions d’euros de dettes fiscales et sociales (+ 1,7 %).  Ces faillites menaçaient directement un peu plus de 500 emplois salariés (+ 4,5 % sur an).

* Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières – ARAFER.
** Ce code d’activités comprend : l’organisation d’excursions en autocars, la location d’autocars avec conducteur à la demande, les circuits touristiques urbains par car, les autres services occasionnels de transports routiers à la demande.

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