La construction

Depuis 2014, l’activité de la Construction (travaux public, gros et second œuvres) ne renouvelle plus sa population d’entreprises, du fait essentiellement, d’une décrue des créations et d’un niveau de disparitions toujours conséquent – le tout assorti d’un taux de sinistralité important (un quart de liquidations judiciaires en moyenne).

A compter de 2008, cette activité a durement encaissé le retournement de conjoncture économique, issu de la crise des subprimes, avec une baisse des carnets de commandes tant publics (baisses des dotations d’Etat accompagnées de mesure d’économie dans les collectivités), que privés (chute de l’immobilier non-résidentiel) sur fond d’assèchement des crédits bancaires.

Dans un premier temps, l’Indice de dynamisme Economique (IDE)* du Bâtiment et travaux publics (BTP) a été maintenu par l’arrivée massive de petits intervenants autoentrepreneurs. Cet effet d’aubaine s’est essoufflé du fait de la conjoncture toujours dégradée et de l’application d’obligations réglementaires (nécessité d’un diplôme pour exercer). Puis, progressivement, durant ces années de disette appauvrissant leurs comptes sociaux, nombre d’entreprises ont été acculées à la faillite ou ont cessé leurs activités.

Si la situation des carnets de commande s’améliore depuis 2016, aux dires de la profession, elle ne bénéficie pour l’heure qu’aux grands groupes qui ont mieux résisté et qui raflent la mise. Cette conjoncture, où la concentration du marché se fait essentiellement au profit des Majors, demeure pour le moment, peu propice à l’arrivée de nouveaux intervenants. En revanche, la relance ressentie impacte de nouveau, le niveau de disparitions, en recul depuis 2016 après sept années de hausse consécutive.

L’immobilier

L’Indice de Dynamisme Economique de l’activité de l’Immobilier, qui comprend les activités de promotion et gestion immobilière ainsi que les services associés, apparaît très largement positif. Depuis 2010, dans cette activité, il se créé plus de deux entreprises quand une disparaît.

Comme souligné précédemment, cette activité a profité des aménagements fiscaux et réglementaires destinés à la relance de la construction ou à la location résidentielle (lois Scellier, Censi Bouvard, Pinel) générant un nombre conséquent de nouvelles entreprises sur les activités de promotion et de location de biens immobiliers.

L’impact sur le secteur du BTP de ces nouvelles structures de promotion est accompagné cependant d’un décalage minimal de six mois, entre la demande du permis de construire et les mises en chantiers directement profitables à l’activité de la Construction, dont les différents corps de métiers peuvent se succéder jusqu’à la livraison des chantiers sur 15 à 18 mois.

Dans ce contexte, pour d’autres services liés à l’Immobilier, la situation s’améliore également. Ainsi, l’Indice de Dynamisme Economique des Marchands de Biens et des Agences immobilières redevient favorable en 2016, après plusieurs années marquées par le non-renouvellement de leur tissu entrepreneurial (IDE inférieur à 1).

Les matériaux de construction

En corollaire de la crise ayant touché la Construction, son principal débouché, l’activité des Matériaux de construction (production et distribution), présente depuis 2011 un Indice de Dynamisme Economique inférieur à 1 : sa population d’entreprises ne se renouvelle plus, même si une timide amélioration est notée depuis 2016, essentiellement liée au recul des disparitions.

L’activité des Matériaux de construction qui s’est largement concentrée autour de grands groupes industriels depuis plusieurs années, laisse peu de place à de nouveaux intervenants. Lorsque dans le même temps, face aux difficultés financières, de nombreux professionnels ont mis la clé sous la porte. Les Matériaux de construction conservent un taux de sinistralité important. Entre 2009 et 2017, en moyenne, près de 30 %  des disparitions ont été des liquidations judiciaires.

Cette concentration se retrouve également sur le marché du bricolage et des matériaux destinés aux particuliers et artisans, même si ce marché souffre moins conjoncturellement. Pour cette activité appréciée des français, le potentiel est important avec un parc de 33,9 millions de logements neufs ou anciens.

* L’Indice de Dynamisme Economique (IDE) d’Ellisphere est un ratio calculé sur 12 mois glissants, entre les nombres de créations et de disparitions (cessations et liquidations judiciaires) d’entreprises.

Pour plus d’informations sur ces statistiques pole_statistiques_economiques@ellisphere.com

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