vignette_lofficiel_des_transporteursArticle de Benoît Barbedette, directeur des rédactions chez INFO6TM, paru dans le numéro de décembre 2016 de l’Officiel des transporteurs magazine dédié au « classement des 1000 » réalisé en partenariat avec Ellisphere. L’article porte sur les 100 premières entreprises de ce classement.

De ce classement des 100 premiers groupes basé sur les derniers exercices (2015, voire 2016), nous avons retenu trois grandes tendances. Avec trois catégories d’entreprises, dont les stratégies apparaissent.

L’opus 2016 ne révèle pas de chambardement dans le classement des 100 premiers groupes en France. Les multinationales restent logiquement au sommet, Geodis en tête avec 8 milliards, 39 000 salariés et 10 000 véhicules. Des valeurs qui placent la filiale à 100% de la SNCF au 4e rang européen, avec une présence directe dans 67 pays et un réseau mondial qui relie plus de 120 pays (dans les métiers de la supply chain, du freight forwarding, de la logistique contractuelle, de la distribution & express et du transport routier). Dans ce peloton de tête, on retrouve XPO Logistics Europe (qui affiche une solide croissance), STEF (qui a amélioré ses résultats en 2015), Gefco, Schenker France, groupe Charles André… Il est bon de rappeler que ce club des «milliardaires» participe du domaine de l’exception, de l’ultra-minorité, dans un univers du transport routier où 78% des entreprises actives comptent moins de 10 salariés et où 18% font travailler 10 et 49 salariés. Seules 4% abritent 50 salariés et plus ! Le tout dans un secteur qui a généré l’an passé 53 Md€ de recettes, 75% d’entre elles ayant été le produit.

Trois enseignements

De ce classement version 2016, au regard des derniers exercices que nous avons «épluchés», on peut tirer trois enseignements.

Le premier concerne les niveaux et évolutions de revenus. Nombre d’entreprises présentent des chiffres d’affaires en repli entre 2014 et 2015 : Transalliance, FM Logistic, EB Trans, Samat, Tratel, Capelle, Chalavan & Duc, Grimonprez, Ghestem… Pour ces entreprises, le moteur de la croissance est passé par la prime aux résultats et la rentabilité. Lors du dernier congrès de la FNTR, en novembre 2016, le représentant de la Banque de France, Stéphane Latouche, a souligné ce constat général : « Les résultats courants avant impôts ont été redressés. Partout, nous avons constaté des efforts de gestion et des structures financières renforcées ». Ce focus sur la marge d’exploitation n’a pas empêché par ailleurs des groupes d’augmenter leurs revenus par croissances interne ou externe (voir chez Rave, Bert, STAF, J. Perrenot… affichant des hausses de 10% et plus de leurs revenus).

Le 2ème en lien direct avec les résultats financiers, vise le recours à la sous-traitance qui s’est encore un peu plus développé (XPO, Transalliance, Malherbe, Heppner, Tratel…). Il est évident que ce levier, dans un marché ouvert, porte ses fruits dans les comptes de résultats, qui relève autant de l’optimisation des capacités de chargement disponibles que de la marge dégagée sur chaque opération.

Le 3ème, enfin, cible les entreprises qui aiment rester dans l’ombre, secrètes, qu’on peine à classer, et qui pourtant ont bel et bien pignon sur rue : Delanchy, Brun Invest., PHM Group, Chatel, Rivière, Getac, Blochon-Martin… Cerner leurs revenus relève du jeu de piste et du Cluedo ! Grâce à elles (et quelques autres nébuleuses financières telles UPS, Fedex, DHL, TNT…), ce classement des 100 premiers ne coule jamais de source. Une constante néanmoins : pour accéder au top 100 du transport, le chiffre d’affaires doit passer le seuil des 50 M€… et plus. »

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