vignette_transports_routiers_de_marchandisesLa conjoncture reste difficile pour les entreprises du TRM 

Selon les derniers chiffres publiés par Ellisphere, au premier trimestre 2016, 469 entreprises de Transport Routier de Marchandises (TRM) ont déposé leur bilan en France, contre 457 sur la même période en 2015. Il est indéniable que le secteur du TRM demeure fragile. Hormis les majors, la plupart des intervenants n’ont pas une assise financière suffisante et présentent une faible profitabilité en raison principalement des coûts salariaux, de la gestion du parc de camions et du prix du carburant. Depuis 2008, la situation des entreprises du TRM en France ne s’est pas améliorée ; sans harmonisation de la réglementation européenne, l’inversion de tendance semble difficile. Les entreprises de l’Europe de l’Est notamment, qui ont des coûts salariaux moindres, prennent régulièrement des parts de marché aux transporteurs français. Si les majors hexagonaux résistent mieux dans ce contexte de concurrence exacerbée, la situation des PME se complique dès qu’un durcissement de conjoncture apparaît. Soucis de rentabilité, marges faibles… Ces structures ne peuvent résister qu’un temps.

Le TRM français compte encore de nombreux intervenants

Beaucoup de Très Petites Entreprises – TPE – travaillent en sous-traitance pour de plus grandes entreprises qui leur confient des marchés moins importants et moins rentables. La mise en danger des TPE s’intensifie lorsque leurs donneurs d’ordre font défaut, sans être pour autant remplacés. Parallèlement, le développement du commerce par internet a également favorisé la création d’entreprises qui assurent la livraison à délais courts, sur de courtes ou moyennes distances. Toutefois, si dans ce contexte le nombre d’intervenants demeure important, la taille des entreprises tend à augmenter. Un phénomène de concentration s’opère ainsi sur le secteur du TRM, entraînant de facto une diminution sensible du nombre d’entreprises.

La nécessaire homogénéisation des législations en Europe

La situation reste difficile, beaucoup d’attentisme sur l’évolution des marchés, de frilosité pour les investissements, sans parler du manque chronique de visibilité sur les volumes d’affaires. Consécutivement, les entreprises sont davantage dans la résistance que dans la projection vers l’avenir et l’innovation, même si cela n’est pas propre au transport routier. Finalement, tant qu’il n’y aura pas en Europe une réelle homogénéisation des législations nationales, particulièrement sur les questions du droit du travail, les entreprises françaises du TRM ne pourront pas jouer à armes égales avec leurs concurrents européens.

Retrouvez cet article dans le magazine Transport Infowww.transportinfo.fr

Plus d’informations sur les indicateurs sectoriels d’Ellisphere

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